les chiffres 2023 du secteur bio

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Résumé

La filière bio, agriculture d'intérêt général, doit créer des débouchés pour
accueillir les nouveaux producteurs
Le panorama des chiffres 2023 montre une année de stagnation. Côté
consommation, le marché reste stable. Côté champs : les surfaces baissent de 2% mais le nombre de
producteurs augmente de 2%.
La restauration hors domicile, que ce soit chez les chefs ou à la cantine, ne prend pas encore
suffisamment le relais, comme pourtant les consommateurs l’appelaient de leurs vœux lors du
dernier baromètre de la consommation produit par l’Agence BIO.
Ces débouchés sont pourtant nécessaires à l’accueil des candidats au bio côté agricole, afin de
garantir le renouvellement des générations et de façonner aujourd’hui ce que nous produirons
demain.
Parmi les points positifs à retenir : la croissance de la vente directe (+9%), l’inflation moindre en bio,
les nouveaux producteurs prouvant l’attractivité de la filière dans le métier agricole, la reprise du
bio à l’international, une souveraineté alimentaire bio forte. Autant de signes qui montrent
l’adéquation du label avec les aspirations sociétales.

Informations utiles

Bio dans les assiettes : la bonne dynamique des produits bio local en vente directe
A l’exception de la grande distribution, tous les circuits de vente sont en croissance. En particulier, la
vente directe croit de 9% et pèse désormais 14% des ventes. Les nouveaux bios ne s’y trompent pas et
sont 60% à d’emblée pratiquer la vente directe (versus 43% en bio et 19% en moyenne nationale), et
pour capter une clientèle avide de local de saison et accessible.

En parallèle, les magasins bio enregistrent une progression de 70 millions d’euros de chiffre d’affaires,
soit plus de 2,2 %. Si ce circuit se stabilise à son niveau de 2017 avec 2 828 magasins spécialisés, le
niveau de surface commerciale ne réduit pas : les espaces sont donc moins nombreux, mais plus
grands.
Le seul circuit en replie est la grande distribution, à -4% soit 240 millions d’euros par rapport à 2022.

Malgré l’inflation persistante, la bio se maintient dans l’assiette des Français

Alors que l’inflation a comme conséquence le recul des dépenses alimentaires des Français de 4,7%,
soit 180 milliards d’euros, la part du bio diminue elle dans le panier des Français, passant à 5,6% en
2023, contre 6% en 2022. Pourtant, les produits bio ont été moins impactés par l’inflation : 8% contre
12% pour les produits non bio soit 4 points de moins en bio.

Côté champs : 2% de surfaces en moins, 2% de producteurs en plus

Le solde en producteurs est positif avec 2% de nouveaux producteurs bio.
Les producteurs sont 7% à rentrer dans le bio cette année, versus 5% de sortants. Ce taux reste stable
et prend le contrepied des propos parfois alarmistes sur la crise du bio. Le paysage agricole évolue avec
davantage d’exploitations plus petites : ces 2% de producteurs en plus s’accompagnent d’une baisse
des surfaces bio de 2% représentant 54 000 hectares en moins, essentiellement dû au recul des
surfaces fourragères (qui représentent 58% des surfaces bio en France) et des grandes cultures (27%).
Le bio passe de 10,5 à 10,4% des surfaces agricoles françaises. Les cheptels bio sont en recul à
l’exception des brebis à viande et des ruches.

Toutefois, le mode de production biologique est garant de l’attractivité de l’emploi agricole afin de
remplacer les 100 000 départs à la retraite prévus dans les 10 ans. 40%1 des projets d’installation sur
les points d’accueil des chambres d’agriculture se fait en bio, il est donc vital d’accueillir ces nouveaux
talents et leurs garantir des débouchés, que ce soit en consommation à domicile ou hors-domicile.

Le bio pour servir l’avenir : la souveraineté alimentaire
L’Agence BIO rappelle que 71 % du bio consommé dans l’Hexagone est d’origine France. Le recul des
imports bio se confirme. Ceux-ci restent composés à 75% de produits exotiques (fruits, café, thé,
sucre, crevettes…), méditerranéens ou nordiques. Avec 2,8 millions d’hectares en surfaces de
production bio émancipées des importations d’engrais azotés car le règlement européen bio les
interdit, les filières bios renforcent l’autonomie de la France en fertilisation.
Également, les 30 à 70% de rations locales du règlement renforcent l’autonomie protéique des
élevages, faisant de la filière bio une contributrice à la souveraineté alimentaire française.

Pas une année à sabrer le champagne, mais une double fierté à célébrer

La France reste la première surface cultivée en bio d’Europe et le premier vignoble bio mondial. Cette
année, Reims accueille la conférence de presse pour mettre en lumière une filière en croissance et qui
réalise plus de 60% de son chiffre d’affaires à l’export. Dotée d’une AOC depuis près d’un siècle et en
développement en bio, la filière vin de champagne est l’incarnation du terroir et du savoir-faire à la
française. Si le vignoble français est à 22% cultivé en bio, le Champagne, lui est à 8% et s’attelle à
rattraper cette moyenne, grâce à l’attractivité du label bio sur les marchés internationaux
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Date de publication 14.06.2024